vendredi 10 avril 2009

Vacances et considérations livresques

Une semaine de vacances s'ouvre à moi dès demain.
Une semaine et une contrainte : celle de partir loin (pourtant chez moi le loin est proche) avec un seul livre.
J'ai bien tenté de détourner la règle imposée en partant avec une pléiade (Michaux), mais finalement j'ai fixé mon choix sur Le maitre et Marguerite de Boulgakov
"quelle chance tu as de ne pas l'avoir encore lu, tu va voir le bonheur!"
m'a t-on dit.
Et pourtant ce soir me vient une autre tentation, celle de ne partir qu'avec Les onze de Pierre Michon et de le lire inlassablement pendant une semaine.
Tellement la lecture mercredi à été forte...capitale !
Certainement parce que c'est un livre que j'ai tant attendu : pas de Michon à se mettre sous la dent depuis 2002. La peur d'être déçu et l'espoir que l'on peut mettre sur la force d'un écrivain devient déraisonnable!
Et là c'est un miracle qui se produit sous nos yeux.
J'ai le sentiment de n'avoir jamais lu un texte aussi puissant, aussi dense. Il n'y a pas une phrase qui tire le texte vers l'amoindrissement, pas un moment où l'on se dit que cela pourrait être mieux, où notre attention est détournée.
Seule existe la lecture et ce moment privilégié qui submerge...crescendo.
Nous avons là quelques cent cinquante pages de génie évident, qui s'offre à nous, qui se donne sans la moindre rétention, dans la proximité et la chaleur de l'auteur chéri au moment ou l'on sait qu'il est là totalement...évidement.

Rendez-vous est donné après les vacances pour un compte rendu de Boulgakov ou de Michon.
Peut-être bien des deux.

3 commentaires:

  1. Vraiment? Etrangement, j'ai l'impression totalement inverse, et j'ai dû rendre les armes devant ce texte, foudroyé d'ennui. Pourtant j'ai le plus grand respect pour plusieurs de ses autres textes.

    Pour étayer un peu mon propos, laissez-moi citer deux passages où le narrateur semble douter lui-même de l'utilité d'accumuler les phrases : "Allons, je vois bien qu'à mon tour, quelle que soit ma hâte à bondir vers la fin, à commencer par la fin, à faire tenir debout cette histoire des Onze par la seule existence indubitable des Onze, je vois bien qu'avant d'en venir au fait il va me falloir raconter à grands traits cette histoire si souvent racontée (...)." p.22 [effectivement on préfèrerait qu'il entre dans le vif du sujet ; le livre compte 140 pages, et le personnage n'est pas même né après 40.

    D'ailleurs : " Je me demande, Monsieur, s'il est bien utile de vous raconter cela, ces histoires de famille et ces hautes généalogies, à quoi notre époque tient tant ; s'il est besoin de remonter si loin, dans ces pâles existences qui ne sont après tout que des on-dit, des causes hypothétiques, alors que nous avons depuis deux cents ans devant nos yeux, l'existence indubitable des Onze, le bloc formel d'existence, sans réplique, invariable, l'effet massif qui se passe tout à fait de causes et qui se passerait tout aussi bien de mon commentaire." (p. 29-30) [on se pose aussi la question, et on a vu plus dense]

    Pour une fois que je ne partage pas votre jugement...

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  2. merci, je vais donc lire les onze, je ne sais pas pourquoi, j'hésitais, je vous en dirais plus plus tard,
    bonnes vacances

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  3. pardon pour la faute 'je vous en dirai plus plus tard', il fait vraiment attendre avant de cliquer, l'usage de l'ordinateur demande une grande vigilance!!

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