mercredi 3 septembre 2008

Sergi Pamies





Les nouvelles du catalan Sergi Pamiès (il est essentiellement connu pour ses talents de nouvelliste) ont toutes un charme indéfinissable.
Le dernier recueil ne déroge pas à l'ambiance douce amère qu'il s'est fixé comme esthétique. Les personnages semblent tous être façonnés en un mortel ennui, une véritable collection d'hommes sans qualités.
Que ce soit celui qui attends sa mort pour se rendre compte qu'il rendait aussi triste et insipide la vie de sa famille que pouvait l'être la sienne, et que une fois passé outre tombe il sont bien plus heureux...ce qui finalement le rempli de joie parce que son trépas leur à rendu la joie de vivre.
Ou encore cet homme qui, sur les Ramblas note sur un carnet le nombre de femmes avec qui il aimerait coucher, quand passe une belle femme au parfum aussi entêtant qu'excitant, il la suit et à un passage cloué elle le reconnait... c'était il y a quinze ans, il ne s'en souviens plus très bien, mais il lui reste en mémoire quelques images : celles d'un échec amoureux, d'une panne sexuelle. Ils boivent un café, il se passe quelque chose, mais lui reste hanté par ces bribes, par son inaptitude à faire autre chose que fantasmer sur les femmes dans la rue.
Dans ses nouvelles, Pamies n'a de cesse de nous confronter - avec son sens de la dérision et du ridicule- à la propre vacuité de nos vies.
J'ai éprouvé beaucoup d'empathie pour ces personnages qui ne sont ni méchants ni vils ni complètement vides. Ils ont toujours au fonds d'eux une part qui nous fait penser qu'ils auraient pu faire, être mieux, mais la cruauté de Pàmies en a voulu autrement.

Enfin il y a cette nouvelle Comme deux gouttes d'eau que je trouve totalement ahurissante, un vrai grand et beau moment. L'odyssée en trois pages de la vie d'une goutte d'eau qui tombe du robinet pour finir par éclater et se disperser dans l'évier de la cuisine.
une goutte d'eau à l'image d'une vie en miniature, en deux secondes, avec ses émotions et sa vie propre , même si perle déjà une autre goutte identique, une sœur jumelle. Trois pages sublimes pour nous faire éprouver encore une fois la vacuité d'une vie humaine.

2 commentaires:

  1. J'ai lu ce livre en espagnol il y a quelques mois et ça me fait plaisir de voir qu'il est traduit et que tu en parles. Je suis vraiment sous le charme de ses talents de nouvellistes, je partage également ta préférence pour l'histoire de la goutte d'eau. Sublime.
    (NB: content de te voir de retour, on aurait presque eu peur).

    RépondreSupprimer
  2. Mais oui, ça fait plaisir de vous lire, en pleine forme apparemment, et la table de nuit superbement chargée. Bonnes lectures... Sur mon chevet, En mouchant la chandelle, et le bien beau Miroir qui fuit de Papini, dans la réédition FMR / Panama.

    RépondreSupprimer