vendredi 21 mars 2008

stone junction


Que lire après 2666 ?
C'est difficile de trouver quelque chose qui m'accroche , tellement je me sens abandonné, orphelin.
Mais, j'ai peut être trouvé avec Stone junction, un roman de Jim Dodge publié au Cherche midi dans la collection Lot 49 dirigée par le traducteur Claro, et traduit par Nicolas Richard.
C'est un curieux roman de formation complètement imprégné de contre-culture américaine (ce que l'on appelle en Europe l'anarchisme) et en même temps très attachant, ce genre de romans que l'on ne peut plus quitter après une trentaine de pages tellement les personnages nous sont proches, et nous entrainent dans leur folie.
Et puis plus on avance dans le texte et plus c'est l'histoire qui devient passionnante, et notre héros le jeune Daniel acquiert une dimension presque prophétique.
En fait, après la mort de sa mère, il devient membre d'une société secrète qui est une vraie trouvaille littéraire, puisque elle n'est quasiment constituée que de purs excentriques. Au sein de l'AMO ou l'alliance, se regroupe tous ceux qui sont dans les marges de la société américaine, tous ceux qui revendiquent une liberté qui n'est pas celle su billet vert. Daniel est recueilli par l'AMO et commence ainsi sa formation d'un genre un peu spécial.
Le roman tire alors sa force de la galerie d'excentriques qui nous est présentée. Tous les professeurs au sein de l'AMO ont une spécialité bien propre et tentent de l'enseigner à Daniel. Dans le désordre et sans préférence on rencontre Bad Bobby grand spécialiste du Poker et joueur de haute voltige, Wild Bill qui l'initie à la méditation et au contrôle de soi, Mott Stocker le grand spécialiste des cocktails les plus détonants de la défonce, Willie un philosophe du coffre-fort et de la serrure, ou encore Jean Bucher transformiste total. Tout ce petit monde est présidé par Volta, le personnage le plus complexe du roman, magicien et alchimiste dont la spécialité est de pouvoir purement et simplement disparaître. Volta est obsédé par un énorme diamant sphérique, qui peut-être recèle en lui le mystère ultime de l'univers, c'est pour voler ce diamant que Daniel est instruit durant toutes ces années. Bref on l'aura compris de roman initiatique, on passe à une quête entre un Indiana Jones chaman et Ocean's Eleven version sex drug and rock'n'roll et la formation de Daniel prend un nouvel aspect et une nouvelle vitalité.

"Pour trouver l'âme, il faut la perdre"
A.R. Luria
(au passage, si quelqu'un à des infos sur ce Luria, je suis preneur, il m'est inconnu)

Voilà ce qu'on peut lire en exergue du roman de Tim Powers La chambre aux échos, et cet aphorisme correspond bien au personnage de Daniel, car c'est cet enjeu qui se dévoile progressivement dans Stone junction, où plus on plonge dans l'étrange et le fantastique, plus on est accros à l'univers de Jim Dodge.


2 commentaires:

  1. Très chouette post sur le Dodge, ça fait plaisir. Sinon, je précise que l'auteur de La chambre aux échos s'appelle Richard Powers, et non Tim Powers. Je me réjouis d'avoir découvert votre blog.

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  2. Au sujet de Luria :
    http://luria.ucsd.edu/mailman.html

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